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Retour de Terre Sainte

16 avril 2013

Du 25 février au 6 mars, nous étions 34 à parcourir, avec le père Pierre Viale, la Terre Sainte découvrant des lieux et des paysages, rencontrant des hommes et des femmes vivant sur la terre du Christ ou pèlerinant comme nous.

Nous n’avons pas fait mémoire d'événements du passé, mais de ce que le Christ fait aujourd'hui, pour nous, dans l'aujourd’hui de Dieu. « En suivant intensément les pas de Jésus à Nazareth, à Bethléem, à Jérusalem le feu de son amour pour chacun de nous s’est rallumé en moi. Me laisser aimer pour mieux aimer et devenir pilier pour que des ponts puissent se faire entre tous les hommes » (une pèlerine).
Nous avons croisé une foule de pèlerins de toutes nations ; des chrétiens qui parlent des langues différentes, qui célèbrent de façon différente, qui ne chantent pas de la même façon. L'unité de l'Eglise n'est pas l'uniformité.
Cette terre vit sous des occupations successives depuis des milliers d’années. Des guerres ont toujours rythmé la vie de ses habitants. « Quand comprendrons nous que la paix est semblable à un grand pont ; chacun, chaque peuple a à construire son pilier, à l’élever vers le ciel sans se préoccuper du pilier du voisin. Quand il sera temps, le Seigneur viendra installer lui-même le tablier du pont. Nous n’aidons pas le conflit à se résoudre si nous critiquons l’un ou l’autre camp » rappelle Marie Armelle Beaulieu, rédactrice en chef de la revue « La Terre Sainte »

La croix est partout présente dans notre monde. En Terre Sainte, les chrétiens rencontrés nous l’ont montrée même si elle est souvent cachée par une grande dignité. Elle a nom guerre, représailles, adolescentes violées puis égorgées au nom de l’honneur, manque d’éducation ...
Nous avons découvert les réalités de deux peuples qui souffrent. Nous avons été touchés par les témoignages des difficultés vécues au quotidien. Mais nous avons aussi entendu des paroles d’espérance ; ce pays n’a pas besoin de murs mais de ponts. Les chrétiens de Terre Sainte et de tout le Proche Orient quittent leur pays pour avoir de meilleures conditions de vie ; ils fuient le chômage, les inégalités, le mépris, les émeutes, la guerre. A quoi sert de faire des études si on ne peut exercer son métier ? À quoi sert de fonder un foyer quand il n'y a pas de logement ? Dans les pays voisins, des familles chassées de leurs maisons, de leurs terres vivent dans des camps de réfugiés depuis des générations, pour certains. Saurons-nous unir dans le même amour Israéliens et Palestiniens, chrétiens, juifs et musulmans ? Avec l'aide de Dieu c'est réalisable. Un évêque auxiliaire de Jérusalem le répète : la paix, à vue humaine n'est pas possible ; à vue divine, tout est possible.

A Nazareth, une chrétienne palestinienne nous dit : « J'ai pitié de mon peuple ; j'ai pitié du peuple juif qui doit toujours aller à la guerre. C'est l'Etat qui veut la guerre pas le peuple. Que les chrétiens d 'Europe n'aient pas peur d'élever la voix ; leur faiblesse rejaillit sur les chrétiens du monde entier. Ne laissez pas la laïcité étouffer votre identité chrétienne ». Toujours à Nazareth, Sr Marie-Joséphine, clarisse depuis 76 ans à Nazareth nous a donné une leçon d’humilité et un exemple de force intérieure inoubliable : « Nous, chrétiens de Palestine, nous avons besoin de vous, Français. Témoignez de votre foi ; soyez visibles, manifestez-vous. Votre force rejaillira sur nous. Vous avez une mission. La France a une mission ; soyez fermes dans la foi. »

Curé melkite de Bethléem, le père Abou Saada voit sa communauté diminuer, coincée entre les Israéliens qui occupent les terrains et les extrémistes musulmans. Il nous confie « la vie est belle malgré les problèmes. La Passion n’est pas une fin ».
La crèche de Bethléem, aujourd'hui, c'est un lieu d'accueil pour les enfants abandonnés. Là, des Filles de la Charité de St Vincent de Paul tentent de leur donner l'amour dont ils sont privés. A l'exemple de la Vierge, elles leur prodiguent un amour maternel. Ils n'ont pas d'identité, pas de parents, une santé souvent précaire Leur maman, souvent victime de viol ou d’inceste, risque d'être tuée si ses proches découvrent qu'elle a accouché.

Dans Jérusalem, ville aux 13 Eglises chrétiennes officielles, nous touchons l’universalité de l’Eglise dans la diversité de cultures et des expressions de foi. Jérusalem, ville où l’œcuménisme n’est pas une théorie mais un vécu, y compris dans les familles où les mariages entre fiancés de rites différents sont nombreux. Marie Armelle Beaulieu comme le père Jean-Daniel Gullung ont insisté sur la place de la semaine de prière pour l’unité qui permet de prier ensemble, chez les uns ou chez les autres à tour de rôle. Jérusalem aimée par le Seigneur, verras-tu un jour tous ces chrétiens célébrer Noël, Pâques à la même date ?

Le mot de la fin est pour Mgr Joseph-Jules Zerey, évêque grec-catholique de Jérusalem, un parfait francophone qui n’hésite pas à entonner « Etoile des neiges » pour saluer les Savoyards. « Regardez, nous dit-il, les spectateurs d’un match de foot ; quand un but est marqué, ils se lèvent, ils sautent de joie et crie « but !, but ! ». Quand verrons-nous les chrétiens se lever, sauter de joie et crier « il est ressuscité !». 

 

 

 

 

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