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Délégation aux Eglises Orientales

La délégation a entre autres objectis d'informer en vue d'une meilleure connaissance des chrétiens d'Orient
  • Adresse
    • 2 place du Cardinal Garrone CS10107
    • 73001 CHAMBERY Cedex
  • Envoyer un mail

 

La communion sous les deux espèces

 

 Objectifs : - Informer en vue d'une meilleure connaissance des chrétiens d'Orient
                  - Favoriser tout ce qui peut faire grandir une solidarité spirituelle et matérielle
 

Infos

- Chaque premier mardi du mois, la messe de 18 h 20 à Notre-Dame est célébrée en communion avec les chrétiens d'Orient.

- Retrouvez des extraits commentés par le père Jean-Claude Brunetti de l'exhortation apostolique Ecclesia in Medio Oriente

La Syrie... toujours...

Au cours de ces mois d'été la situation de la Syrie est allée s'aggravant.
Dans nos efforts pour mieux comprendre la situation et pour tenter des gestes de solidarité nous avons deux handicaps :
-Les informations que nous avons, proviennent pour la plupart de personnes engagées dans le conflit – ce qui n'est jamais un gage d'objectivité – Il n'y a pas (ou peu) de journalistes indépendants sur le terrain...
-La solidarité est difficile à mettre en place et de graves dissensions se font jour sur le contenu de cette solidarité, certains essayent d'acheminer vivres et eau dans certains secteurs, de porter secours aux blessés, pendant que d'autres recommandent l'envoi d'armes aux insurgés...

Dans ces conditions, il nous est difficile de connaitre et de comprendre la position des chrétiens locaux : certains les dénoncent comme des soutiens du régime, d'autres concèdent qu'ils en sont plutôt les otages : La famille Assad leur avait accordé un statut relativement favorable qui leur permettait de développer leurs activités communautaires dans un climat serein (dans la mesure où ils ne portaient pas de jugement politique) Elle voudrait désormais les présenter comme ses alliés...

Pour nous aider à nous forger un jugement, il parait utile de se souvenir de deux choses :
-Les chrétiens du Moyen Orient ont peur. C'est l'un d'entre eux, Elie Fayad, qui l'écrivait dans le journal Libanais l'Orient le Jour le 29 septembre 2011 : "La peur... qu’elle soit fondée ou pas, déclarée ou au contraire souterraine, enflée ou discrète, est toujours mauvaise conseillère. En ce début du troisième millénaire de l’ère chrétienne, les chrétiens d’Orient ont peur. Et pour cause : en 1920, à la chute de l’Empire ottoman, ils comptaient pour un bon cinquième de la population de la région formée par les États de l’ancien Croissant fertile (Liban, Syrie, Palestine, Jordanie et Irak). Un peu moins d’un siècle plus tard, les chiffres précis manquent, mais il ne fait pas de doute qu’à l’exception du Liban, le cap du dixième ici et du vingtième là a partout été franchi dans le sens du bas."
L'auteur rappelle que la chute vertigineuse du nombre des chrétiens dans ces régions où ils ont pris naissance est la conséquence des massacres de 1915, des "mini pogroms" des années 50-60 (qui ont repris de l'ampleur ces dernières années en Irak et en Egypte), des discriminations et tracasseries administratives conduisant à l'émigration... et il souligne que tout cela n'est pas le fait de l'empire ottoman et de son calife, mais bien plus des mouvements "laïcs" qui l'ont renversé et remplacé... Les aléas des révolutions du printemps arabe ne sont pas faits pour redonner espoir aux chrétiens...

Un deuxième élément que nous semblons ignorer totalement en Occident (!!!) c'est que les chrétiens sont fondamentalement hostiles à la guerre...
L'opinion dans nos pays est tellement acquise à une solution militaire à la libyenne (Bernard-Henry Lévy s'en fait le chantre, repris par certains leaders politiques), que les médias ont systématiquement interprété comme des soutiens au régime les différentes interventions de patriarche et d'évêques appelant à la cessation des combats. Et, ils ne se sont pratiquement pas fait l'écho de l'initiative de la communauté Sant Egidio : le 26 juillet, elle a lancé, avec 17 représentants musulmans et chrétiens de divers groupes d'opposition syriens (parmi lesquels des dirigeants du Mouvement de coordination nationale et du Forum démocratique), un appel en faveur d’une solution politique du conflit :
"Nous savons que la Syrie, où coexistent pacifiquement des gens et des religions différentes, court un risque mortel qui menace l’unité de son peuple, leurs droits et la souveraineté de l’État, écrivent-ils La solution militaire tient en otage le peuple syrien et n’offre pas de solution politique en mesure de répondre à ses aspirations les plus profondes. Aujourd’hui, plus que jamais, nous avons besoin d’une issue politique. C’est le meilleur moyen de défendre nos idéaux et d’obtenir que les objectifs de ceux qui mettent leur vie en danger pour la liberté et la dignité.
Nous ne pouvons pas accepter que la Syrie soit transformée en un terrain de bataille régional et international, concluent-ils. Nous croyons que la communauté internationale a la force et les capacités nécessaires pour trouver un consensus qui serait la base d’une solution politique à la crise dramatique en cours, fondé sur l’imposition d’un cessez-le-feu, le retrait de l’armée, la libération des prisonniers et de ceux qui ont été enlevés, le retour des réfugiés, une aide d’urgence pour les victimes, une négociation globale qui n’exclut personne, et un processus qui aboutirait à une réconciliation nationale fondée sur la justice."
N'est-ce pas ce message que nous devrions tenter de porter (dans notre prière, dans nos conversations, dans nos éventuels échanges avec des responsables politiques) plutôt que d'encourager les combats qui laisseront, inexorablement et pendant longtemps, un pays exsangue et divisé ?

P. Jean-Claude Brunetti
Délégué épiscopal aux Eglises Orientales

Vous pouvez consulter des paroles de Chrétiens de Syrie ici